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        <title>LinaLoca Le blog de la Délocalisation Littéraire</title>
        <description>L'écriture est-elle soluble dans la sangria?</description>
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                <title>...et un qui font trente</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (LinaLoca)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 16 Nov 2007 11:45:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;img src=&quot;http://delocalisationlitteraire.hautetfort.com/images/new-barbie.jpg&quot;/&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le mot-valise a 30 ans, 0 jours, 15 heures et 12 minutes (mise à jour du 15 novembre à 20h12) et décide de tout déballer. Ou quand l'âge vraiment ne fait rien à l'affaire....&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jeunisse&lt;/strong&gt;: Maladie dégénérative du système nerveux central dite &quot;De la machine à voyager dans le temps&quot;, qui pousse la personne atteinte à acheter compulsivement des produits à base de collagène, d'anti-oxydants et de botox. Les femmes après trente ans sont les premières touchées par cette maladie qui peut aller jusqu'à l'acquisition d'un pantalon taille-basse en cuir et de places pour le concert de Tokyo Hotel ou de la Star Academy. Parmi les dégénérescences les plus graves, des cas de teintures capillaires bleues et rouges ont également été recensés ainsi que des modifications profondes de l'usage de la parole et de l'écrit (lol, mdr, donf, ta race etc....)  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Coercystite&lt;/strong&gt; : Infection grave du cortex pariétal supérieur et qui perturbe durablement l'usage normal de l'autorité. La coercystite se déclare le plus souvent chez des parents d'adolescents et se manifeste par une irrépressible envie de commander sa progéniture, au besoin en la forçant à ranger sa chambre et à se démaquiller avant d'aller en cours, quel que soit d'ailleurs le sexe du pubère observé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Rassisme&lt;/strong&gt; : Attitude d'hostilité systématique à l'égard des vieux. Attention toutefois : tous les faits de violence gériatrique ne doivent pas être assimilés à du rassisme. L'Observatoire National des Agressions Transgénérationnelles estime que dans près de 63% des cas c'est le vieux qui a commencé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Démocrascie&lt;/strong&gt; : Instrument à découper le petit peuple, la démocrascie désigne, par extension, un système politique dans lequel les citoyens se rendent aux urnes sans connaître les programmes des candidats mais en ayant parfaitement assimilé le nom de leur animal de compagnie, de leur conjoint et de leur héros préféré (en général Jeanne d'Arc ou Napoléon) . Ce système totalement indolore permet de broyer les aspirations à petit feu tout en faisant vendre une grande quantité de journaux à scandale et d'ouvrages biographiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dinozorro&lt;/strong&gt;: Super-héros politique vieillissant et passé de mode. Les dinozorros finissent leur carrière perclus de rhumatismes et de préjugés à la tête d'une obscure commission en général créée à leur intention. On notera à toutes fins utiles que les dinozorros cessent leur activité au plus tôt vers 84 ans et demi en moyenne, alors même que leur régime spécial de retraite leur permettrait de couler une oisiveté heureuse dès 45 ans (il est communément admis que les super-héros politiques perdent 70% de leurs super-pouvoirs de changement dès 20 années de service). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Idolatrines&lt;/strong&gt; : Désigne communément les lieux d'aisance des chanteurs de variétés et autres vedettes de séries télévisées. L'existence des idolatrines tend à démontrer contre toute attente que les gens célèbres sont des êtres humains comme les autres (quoique souffrant plus facilement de désordres gastriques sous la pression conjointe d'un public et d'un fisc insatiables).    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Trentenerre&lt;/strong&gt; : Etat particulier de l'adulte qui découvre que les moins de trente ans ne veulent plus jouer avec lui et que les plus de quarante refusent encore de lui faire partager les secrets de la maturité. S'en suit une période de flottement où l'adulte déambule sans but à travers la vie, tente de faire des enfants et d'acheter un appartement, puis retourne visionner l'intégrale de Friends pour comprendre le sens de la vie.
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                <title>Fais-moi peur</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (LinaLoca)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 13:12:28 +0100</pubDate>
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                    &lt;img src=&quot;http://delocalisationlitteraire.hautetfort.com/images/Citrouille1.jpg&quot;/&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est 21 heures alors mon père-le vampire me dit de filer dans ma chambre. J'essaye un peu de négocier, je trépigne. Ta mère (la sorcière) a dit non, c'est non. Halloween c'est pas pour les mômes. Tu vas avoir peur, il me fait en me prenant sur ses genoux. Je promets de ne pas avoir peur mais il m'embrasse et redit non. Mon père-le vampire a peur de ma mère-la sorcière. A la télé pourtant, des mômes partout dans les rues, petits comme moi avec des faux couteaux plantés dans la tête et du sang qui dégouline. Mais chez nous Halloween, c'est pour les grands. Mon père-le vampire, ma mère-la sorcière et les autres grands qu'ils connaissent, Patricia-la voisine-fantôme et JP-son mari-momie et puis d'autres encore que j'ai jamais vu. Tous déguisés comme à la télé, hâche dans la tête surement et du sang partout. Mais je verrais rien. On verra rien Titouan, le fils de Patricia et JP et moi. Je suis Zorro et Titouan est Superman, mais y a pas de sang ni rien sur nos costumes. La mère de Titouan-Superman est comme la mienne. &lt;br /&gt;Quand Titouan-Superman arrive ils l'envoient illico (presto) dans ma chambre. On entend les grands qui rigolent. Titouan dit qu'il a croisé Monsieur Dupin-le postier-mort-vivant et qu'il avait des vers qui lui sortaient du nez. Des vers!!! C'est vraiment trop bête de rester là. Ma mère-la sorcière a décoré notre salon avec des citrouilles (elle a creusé et mis une bougie dedans, j'espère qu'on les gardera tout le temps) et des guirlandes en papier orange, et des crânes en plastiques pour mettre des bonbons. Dans ma chambre y a des bonbons mais pas de vers à se mettre dans le nez. On joue à Qui est Qui et puis après on s'ennuie. On décide de scruter le jardin et la nuit avec mes jumelles spatiales. Titouan superman ouvre la fenêtre et on se met côte à côte pour chercher des lutins ou des trolls ou des gnomes. On leur dirait de venir en les attirant avec des bonbons. Titouan-Superman a préparé le livre des 365 histoires vraiment épais et lourd pour les assomer d'un grand coup. A tour de rôle on se passe les jumelles mais au bout d'un moment Titouan-Superman en a marre et décide de sucer son pouce en lisant le livre des 365 histoires. Bébé! Bébé! Moi je continue et c'est là que j'aperçois ma mère-la sorcière et JP-le voisin-momie dans la rue de l'autre côté de la clôture. Le réverbère éclaire tout et je vois JP-le voisin-momie prendre ma mère-la sorcière dans ses bras et l'embrasser. Un truc sur la bouche. Un truc dégoutant. Ca dure longtemps et Titouan me dit quest ce que tu fous? Laisse-moi voir! Alors je lui dis ta gueule et il va bouder avec son pouce à côté du lit. Quand JP-le voisin-momie décide enfin de lâcher ma mère-la sorcière j'arrête de regarder et je ferme la fenêtre. Je sors le jeu de légo et je dis à Titouan-Superman qu'on fait un avion supersonique pour voyager très loin d'ici. Au début il boude encore et après il m'aide. Plus tard, sa mère-Patricia-la voisine-fantôme vient le chercher et je me couche sans me brosser les dents. Je pense au baiser dans la rue et ça fait un peu peur. Ils doivent avoir raison, Halloween c'est pas pour les enfants.
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                <title>Petit papa noël</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (LinaLoca)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 29 Oct 2007 11:58:06 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;em&gt;L'auteur a encore pondu une histoire de noël. A la veille d'Halloween, le lecteur est en droit de s'interroger....&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://delocalisationlitteraire.hautetfort.com/images/santacry2.jpg&quot;/&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa me dit souvent de me tenir tranquille. Il dit que je fais trop d’histoires, qu’à mon âge (j’ai sept ans), si l’on n’est pas sage, on finit très mal quand on devient grand. Personnellement je ne veux pas grandir donc les remontrances de mon papa ne me font ni chaud ni froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je joue et je casse mes jouets. Je chaparde des bonbons, des parfums aussi, des trucs sans importance, les choses que les grands cachent dans leurs placards, les bijoux, les bibelots, les produits de beauté. Les tampons aussi, tellement rigolos quand je les lâche dans les toilettes : ça s’ouvre comme une fleur qui éclot en accéléré à la télé. J’aime fouiller, ça c’est sûr, mais je suis prudente et je me fais rarement prendre. Je remets les choses comme je les ai trouvées. J’invente des histoires aussi. C’est à cause d’elles que je fais des bêtises. Je dirais que je serais un ange et me voilà sur le toit avec deux ailes en carton. Je dirais que je serais cuisinier et les tupperware de maman fondent sur la gazinière. Je dirais que je serais maman et mon petit frère tombe de la table à langer. Alors papa gronde et me punit, mais maman vient m’embrasser quand même dans ma chambre. Pour me consoler elle me dit souvent que je suis une petite fille extraordinaire et que forcément une petite fille extraordinaire ne fait jamais les bêtises des petites filles ordinaires. J’espère que papa aussi aime mon extraordinaireté. Enfin, c’est quand même pas sûr. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon papa est un rattrapeur de bêtises, mais son vrai travail c’est plutôt vendeur de voitures. C’est sûr que comme il dit, il est pas payé pour rattraper mes c…. Maman elle, c’est un distributeur d’amour et j’ai une carte à débit illimité. Mais maman ne sait pas rattraper mes bêtises, elle ne sait pas calmer les professeurs énervés, les parents des enfants amochés, les petits vieux qui se retrouvent le cul sur le trottoir avec une hanche cassée. Généralement, maman sourit, me prend par la main, et me dit de marcher très vite. Mon petit frère lui, il ne fait rien. Ni bêtises, ni baisers, ni sourires. Il a trois mois et il est minuscule. Des fois je le regarde longtemps tordre sa petite bouche et son nez riquiqui. Il devient tout rouge et là je sais qu’il va pleurer. Des fois je voudrais lui parler mais je n’ose pas, rapport à la fois où il est tombé à cause de moi. J’attendrai qu’il soit plus grand pour jouer avec lui. Papa dit d’attendre qu’il puisse se défendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, c’est Noël. Hier, c’était donc la veille. Maman avait préparé un vrai repas de fête avec tout ce que j’aime. Il y avait des pâtés, des crevettes, des patates sautées, de la dinde et des marrons, et de la bûche. Papa avait décoré toute la maison avec des guirlandes et des petites figurines, et surtout le grand sapin qu’il a été chercher la semaine dernière chez Monsieur Jean, le voisin. J’ai eu le droit de décorer moi aussi. J’ai fait cinq grands dessins que papa a accroché aux murs et des petits pères noël en carton rouge avec du coton hydrophile pour la barbe. D’ailleurs c’est à cause d’un père noël que j’ai fait ma plus grosse bêtise depuis que je suis née.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier après-midi, je suis allée jouer dehors avec mon ballon bleu, celui avec des petits chiens dessus. En général voilà comment je joue : je laisse rouler le ballon du haut de l’allée pavée jusqu’en bas et moi je sautille devant et je dirais que ce serait mon chien. Je lui dis de courir et arrivée en bas je lui dis d’arrêter. Je jouais comme ça hier quand un père noël est venu me parler. Il marchait au bord de la route, dans son costume comme on les voit d’habitude. Il avait aussi un gros sac de sport où il avait, il a dit, tous les cadeaux de l’année pour mon frère et moi. Il m’a dit aussi qu’il était très fatigué de sa tournée et qu’il aimerait bien se reposer un peu chez nous, comme on était les derniers du village (ce qui est normal parce que notre maison est au bout de la rue ; on est même après le panneau donc techniquement on n’est même peut-être pas vraiment des habitants d’ici). Il m’a dit qu’il se reposerait jusqu’à ce qu’on dorme tous et qu’après il disposerait nos cadeaux au pied du sapin et reprendrait la route pour rentrer dans son royaume. J’ai dit d’accord mais il m’a dit que d’habitude personne ne voit le père noël parce qu’il doit garder son mystère, mais que là il avait fait une exception parce qu’il était vraiment fatigué et que j’avais l’air de savoir garder les secrets. Alors il m’a dit de ne rien dire à papa et maman, ni à mon petit frère pour ne pas lui gâcher la surprise (même si de toute façon je ne lui parle pas). Il m’a fait promettre, juré, craché et je lui ai dit qu’il pouvait se cacher dans ma chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est montés tous les deux pendant que papa était au garage et que maman donnait son bain à mon petit frère. J’avais envie de rire. On aurait dit deux agents secrets. J’ai donc mis le père noël dans mon placard qui est quand même un très grand placard. En fait, c’est un placard encastré dans le mur avec une drôle de porte qu’on appelle kazed et mon papa a mis dedans un petit bureau et une armoire pour mettre mes vêtements. Il y a aussi de la lumière et un petit fauteuil et le père noël a dit qu’il serait très bien pour se reposer. Après je suis allée chaparder quelques gâteaux à la cuisine, j’ai fait un sandwich avec du jambon et un peu de fromage et j’ai amené tout ça à mon petit papa noël. Il était bien content. Il m’a dit merci et après on a parlé pendant qu’il mangeait. Des miettes se sont collées à sa barbe blanche, c'était rigolo. Je lui ai raconté maman et papa et aussi mon petit frère. Il m’a dit que j’avais beaucoup de chance d’avoir une si jolie famille. Je voulais lui demander comment c’est chez lui, et s’il a une femme et des enfants ou des lutins mais maman m’a appelée parce que c’était l’heure de dîner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a bien mangé. Il y avait papy et mamie aussi. Je me suis régalée et surtout je n’arrêtais pas de sourire en pensant au père noël caché dans mon placard. Papa, comme d’habitude, m’a dit plusieurs fois de ne pas mettre ma tête dans mes mains, de me tenir droite et de finir mon assiette, sinon il a dit que le père noël ne viendrait pas cette année et que je n’aurais pas de cadeaux. Dans ma tête je rigolais bien : le père noël je savais où il était. Et puis tout le monde a été très surpris après le dîner quand je suis allée me coucher sans faire d’histoires. J’ai été obligée de dire que j’étais fatiguée sinon ils seraient tous devenus soupçonneux. J’avais hâte de retourner voir mon placard et de parler encore au père noël. Je me suis vite mise en pyjamas mais le petit papa dormait déjà. Alors j’ai juste mis un chocolat, le dernier du calendrier de l’avant, sur son sac de sport. J’aurais pu regarder les cadeaux à ce moment là mais j’ai pensé que le sac était peut-être protégé par un sort magique ou quelque chose comme ça, ce qui serait normal vu que tous les enfants doivent essayer de regarder dedans. Donc je suis allée me coucher et j’ai rêvé du père noël et des cadeaux. J’étais sûre d’avoir ce que j’avais commandé car quand j’en avais parlé au père noël dans l’après-midi, il avait eu l’air au courant et m’avait même fait un clin d’œil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la nuit je me suis quand même réveillée : je me demandais si le père noël était déjà parti. J’ai regardé dans le placard et il n’y était pas. Son sac aussi avait disparu. Alors je me suis dit qu’il était bel et bien parti et j’ai voulu descendre dans le salon vérifier qu’il avait bien laissé les cadeaux sous le sapin (j’en étais presque sûre à 100% mais on n’est jamais trop prudent). En passant devant la chambre de mon petit frère, j’ai entendu des bruits bizarres, un peu comme des petits cris. La porte était entrebâillée et je n’ai eu qu’à la pousser un tout petit peu pour voir le père noël debout devant le berceau. Il me tournait le dos et son pantalon était descendu jusqu’aux chevilles. Là je me suis dit en rigolant que le père noël avait des fesses toutes blanches. J’ai pas rigolé longtemps car mon père est arrivé. Il m’a poussée sur le côté et avec le grand fusil de chasse qu’il enferme à clé dans l’armoire de son bureau, mon papa a tiré sur le père noël. La balle a dû faire un gros trou mais comme le costume était rouge on n’a pas vu vraiment le sang. Sauf celui qui a éclaboussé sur les murs de la chambre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est comme ça que j’ai découvert que le père noël n’existait pas.
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                <title>En stop</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (LinaLoca)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 25 Oct 2007 14:22:08 +0200</pubDate>
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                    &lt;img src=&quot;http://delocalisationlitteraire.hautetfort.com/images/Auto_stop.jpg&quot;/&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis quelqu'un de normal, mais Yvan était parti.&lt;br /&gt;Je roulais depuis trois heures déjà, bloquée sur France Infos. Les mêmes trucs en boucle, à peine un ou deux reportages de temps en temps, une radio de malade France Infos. Mais ce jour-là, le jour d'Yvan, c'était suffisant, France Infos et la route.&lt;br /&gt;Je commençais déjà à connaître les gros titres sur le bout des doigts, c'est à dire au mot près, quand je l'ai vue. Son panneau indiquait une ville à une centaine de kilomètres, je ne sais plus laquelle, je ne savais même pas où j'allais ce jour-là, le jour d'Yvan. Je me suis dit, pourquoi pas? La route, France Infos et une auto-stoppeuse. Elle s'est installée sur le siège à côté de moi et j'ai redémarré. &lt;br /&gt;Je ne l'aurais pas regardé si elle n'avait pas parlé, est-ce que je lui avais demandé de parler? Quelque chose à propos d'une alerte météo, j'ai baissé un peu la radio et la fille a continué : c'était très gentil de m'être arrêtée, jamais personne, deux heures à attendre, sauf un homme, seul, elle n'avait pas voulu monter, on ne sait jamais vous comprenez?&lt;br /&gt;Je comprenais.&lt;br /&gt;Et comme ça encore, les balades dans la région, les travaux sur la départementale et le temps qu'il faisait.&lt;br /&gt;Alors en répondant, j'avais bien dû répondre quelque chose, on n'imagine pas qu'elle ait pu continuer à parler toute seule comme ça à une conductrice muette, j'avais commencé à la regarder et à la voir.&lt;br /&gt;Une belle ado mignonne et bavarde, sans cette fatigue autour des yeux que je retrouvais maintenant tous les matins et tous les soirs, dans le coin de miroir partagé avec Yvan. &lt;br /&gt;Mais ça servait à quoi franchement de penser à ça? J'allais remonter un peu France Infos pour faire sortir Yvan de ma tête, c'est là que je l'ai vue, contre le dossier : la bosse dans son dos. Elle venait de se pencher un peu pour fermer le sac à ses pieds et il y avait une bosse dans son dos. Comme avais-je fait pour ne pas la voir avant? &lt;br /&gt;Alors bien sûr on commençait à être sacrément nombreux dans la voiture, elle, sa bosse, France Infos, Yvan et moi. J'ai tout de suite pensé qu'il fallait que je la touche. Je suis quelqu'un de normal et Yvan était parti. La bosse était là pour me sauver. &lt;br /&gt;On a roulé comme ça pendant un quart d'heure mais je ne pensais plus qu'à la bosse. C'est un porte-bonheur très puissant, le bossu, et moi j'avais trouvé ma bossue au bord de la route, comme un signe, justement ce jour-là, le jour d'Yvan.&lt;br /&gt;Bien sûr, j'aurais pu lui demander poliment, les bossus doivent être habitués, mais je ne voulais pas prendre le risque qu'elle dise non, qu'elle me refuse son dos justement aujourd'hui.&lt;br /&gt;Alors une fois arrêtées à la station-service, j'ai attendu qu'elle passe près de moi en revenant des toilettes et j'ai tendu la main, empoigné la petite forme chaude nichée sous son pull. Elle a sursauté en criant. Elle a dû comprendre tout de suite ce qu'il s'était passé, les bossus sont habitués. Vieille conne! elle m'a lancé, Malade! Elle a pris son sac et filé mais j'avais encore imprimée dans ma paume, l'empreinte de son bout de dos rond comme une balle.&lt;br /&gt;Je suis quelqu'un de normal après tout.
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                <title>Le 23 octobre, je m'engage!</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (LinaLoca)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 23 Oct 2007 10:05:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.journeedelaglande.com&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/33/45/29/bandeau-journee-glande.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
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                <title>On ne joue plus</title>
                <link>http://delocalisationlitteraire.hautetfort.com/archive/2007/10/22/on-ne-joue-plus.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (LinaLoca)</author>
                                                <category>Brèves de conteur</category>
                                                <pubDate>Mon, 22 Oct 2007 10:40:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Il y avait des bombes partout.&lt;br /&gt;La guerre.&lt;br /&gt;Tout le monde courait et son amie Célia avait disparu.&lt;br /&gt;C'est là qu'il l'avait prise par la main.&lt;br /&gt;Il avait la main chaude, peut-être qu'il venait de la sortir de la poche de son anorak. Ou peut-être qu'il avait toujours la main chaude. Il y a des gens comme ça.&lt;br /&gt;Viens, il avait dit.&lt;br /&gt;Il avait l'air plus âgé. Elle n'avait pas osé dire non.&lt;br /&gt;Et quand il s'était mis à courir elle avait suivi. &lt;br /&gt;Autour d'eux tout le monde criait et se bousculait. Ils avaient évité une poignée de soldats ennemis en se cachant derrière un arbre, un très gros chêne dont le tronc était couvert d'inscriptions.&lt;br /&gt;Il serrait toujours sa main.&lt;br /&gt;Où est ce qu'on va maintenant? elle lui avait chuchoté à l'oreille.&lt;br /&gt;Tu vas voir.&lt;br /&gt;Il l'avait entraînée jusqu'à l'ancienne annexe, avait ouvert la porte en poussant avec son épaule.&lt;br /&gt;Comme dans les films, elle avait pensé.&lt;br /&gt;A l'intérieur tout était sombre et humide.&lt;br /&gt;Mais au moins on est à l'abri, il avait dit.&lt;br /&gt;Elle avait lâché sa main, et maintenant? On fait quoi?&lt;br /&gt;Assis par terre il avait répondu,&lt;br /&gt;On attend. Assied-toi.&lt;br /&gt;Non je vais me salir. C'est dégueulasse ici. &lt;br /&gt;Et puis quelques instants plus tard,&lt;br /&gt;Allons voir les autres maintenant. Ca doit être finit.&lt;br /&gt;Pas question, tu serais ma prisonnière.&lt;br /&gt;Elle avait haussé les épaules.&lt;br /&gt;Si tu veux. Mais après on pourra aller voir les autres?&lt;br /&gt;Alors il s'était levé et s'était avancé, tout près. Si près, elle avait respiré son souffle, du chewing gum à la fraise, un malabar peut-être.&lt;br /&gt;Si tu m'embrasses je te libère.&lt;br /&gt;Ben, je sais pas.&lt;br /&gt;Moi je sais comment on fait si tu veux. T'as qu'à fermer les yeux.&lt;br /&gt;Je sais pas. J'ai plus très envie. De jouer, elle avait ajouté. On peut pas aller voir les autres?&lt;br /&gt;Mais il n'avait pas bougé. Son anorak le rendait très gros, très large et de si près sa bouche ressemblait à un bonbon mou, un bonbon qui soudain s'ouvrait, se rapprochait. L'odeur de fraise était devenue très forte.&lt;br /&gt;Hé!!!&lt;br /&gt;Il était presque tombé à la renverse quand elle l'avait poussé. Elle avait crû un instant qu'il n'allait pas bouger, ses mains s'étaient enfonçées dans le gros anorak et c'était comme s'il n'y avait eu personne à l'intérieur.&lt;br /&gt;Puis elle s'était dépêchée de sortir.&lt;br /&gt;Derrière elle l'anorak avait crié,&lt;br /&gt;Qu'est ce qu'il y a? T'as peur que je te baise?&lt;br /&gt;Dans la cour, elle avait retrouvé Célia et les autres, juste à temps pour retourner en classe.&lt;br /&gt;T'étais où?&lt;br /&gt;Mais elle n'avait pas répondu.&lt;br /&gt;T'as peur que je te baise, raisonnait dans sa tête. Quelque chose dans cette phrase, quelque chose de bizarre, quelque chose difficile à raconter même à Célia.&lt;br /&gt;Est ce que s'embrasser et baiser c'était pareil? Est ce qu'elle était devenue plus grande d'un seul coup?
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