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27.09.2007
Autoportrait en géante à petite tête

L'auteur en chair et en ombre...
18:00 Publié dans Vida Loca | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, photos, autoportrait-bidon
26.09.2007
Conte de Noël

Comme dans un rêve.
Je commence par me déguiser en grande, une jupe et un chemisier immonde, horreur du Noël de dernier, mais qui? J'ai pas de perles, dommage, pour parfaire le tableau. Je déballe le maquillage-qui-fait-dame, la moitié des tubes sont secs. Crache dans le mascara comme la grand-mère faisait. Je finis par des talons-casse-gueule, un truc de pute acheté chez Chauss'Land. Je me tord les chevilles, Chris rigole : "On dirait Bambi!" Ta gueule mais je ris aussi. Tout est trop petit j'ai dû grossir, la jupe me boudine. Je tire dessus mais elle remonte quand même, garce. Chris, lui, est impeccable et c'est bien ce que je lui demande, que ma mère l'adore et qu'elle m'oublie un peu.
On s'envoie un verre dans la cuisine mais j'ai déjà la tête qui tourne. "Allons-y ma mie!" Il est hilare, une grosse plaisanterie pour lui. Allons-y. Donc.
On arrive à l'heure, un exploit, mais tout le monde est déjà là, ça compte?
"On vous attendait!"
Ca comptait pas donc et j'ai envie d'enlever mes barrettes. Qu'est ce qui m'a pris de me coller ces trucs dans les cheveux? J'ai trop tiré, j'ai mal. Ma mère me bave dessus, "Je t'ai mis du rouge", c'est du rouge ça? Un truc orange sur ses lèvres minces à force d'être pincées, son faux sourire. Sorcière, je pense. Mon frère me dévisage, "T'as un truc de changé?" Sa femme Véra se précipite, "Il te va comme un gant ce chemisier!" C'était donc elle cette horreur vert pomme.
Pour les distraire, je pousse Chris sur le devant de la scène, vas-y Chris, fais ton numéro. "Je vous présente mon ami Christian". Ca se bouscule au spectacle, ça tord le cou. Mon "petit ami" se tourne et sourit, "Enchanté de..." J'en profite pour aller picoler avec papa. Les yeux brillants, déjà un peu parti, mon gros capitaine dont tout le monde se fout. On boit en silence le punch de Véra qui glousse au loin. Elle a l'air encore enceinte, un bide ou je rêve? Mais les autres semblent se fatiguer et Chris ne les tient plus. La vague avance, menacante. Ma mère me repère près du buffet, ouvre la bouche. J'entends travail, argent, vacances, des points d'interrogation un peu partout. Comme d'habitude rien dans mes réponses ne semble lui convenir, rien à raconter, une purge cette gamine, déjà petite, toujours toute seule dans sa chambre etc.... Mais taisez-vous un peu, mon frère-l'éminent-cardiologue va parler. Une main sur les tripes arrondies de sa pondeuse préférée, "On voulait t'annoncer", quatrième rhum.
Papa s'est éclipsé, balles neuves. "C'est prévu pour avril", bonheur, bonheur. J'attrappe un canapé au tarama, il faut que je mange. Chris aussi a disparu, avec une bouteille de Whisky semble-t-il. Entracte. La couvée de Véra débarque en hurlant et manque de renverser le sapin. Bordel intense mais bref, ma mère leur colle des cacahuètes dans les mains pour les faire déguerpir. Véra au service : "Et vous c'est pour quand?" J'ai un temps de flottement, de quoi tu causes? Un indice chez vous, elle se caresse le ventre. L'idée même de coucher avec Chris me fait bien rire, pas elle. Elle répète, "C'est vrai quoi", sous-titres dégueulasses en bas à gauche avec mon âge en rouge clignotant. "Faut grandir un peu", tu l'as dit petit frère, je tends la main vers le saladier, 5ème punch. Penser à préparer des fiches pour la prochaine fois, kessapeutfoutre qui monte aux lèvres. Je regrette les conversations sur mon absence de boulot ou d'appart, arrive à décrocher un sourire, "Tu sais on a encore le temps". Ce serait parfait mais Chris revient en titubant et me roule une pelle en bonne et due forme. Ne plus jamais le faire passer pour mon mec. Je panique, il entreprend de me peloter sérieusement les fesses, "Mais c'est qu'ils vont en faire un maintenant!", réplique d'anthologie. J'arrive à me dégager, quelque chose ne va pas ou plutôt rien ne va, impression d'être seule et minuscule, de rapetisser à l'intérieur. Une voix: "ça sent le cramé!", je suis bien d'accord. Ma mère hurle, "La dinde!", mais je ne sais pas encore qu'on ne parle plus de moi. Je vois Véra prendre une mini-pizza et j'ai envie de lui hurler dessus, lui hurler de se faire ligaturer les trompes.
Tiens, y a plus de bruit. J'ai dû hurler, d'ailleurs ça va mieux. Je peux enfin rire, Chris rit aussi et on se tient les côtes. Je finis par vomir dans le sceau à Champagne et Chris me balance sur son dos. Je vois ma famille la tête en bas, immobile comme pour une photo, clic! que j'emmène avec moi. La porte se ferme derrière nous avant que ma mère ait pu m'insulter.
Plus tard dans la voiture, Chris dort sur le volant et moi je pleure.
14:30 Publié dans Histoires de Je | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, nouvelles et textes brefs, noël
25.09.2007
Se souvenir des belles choses...

Elle se souvient de la chanson qui passait en boucle, ça faisait... ça faisait...Des éoliennes au détour de la route, de la plage solitaire et des traces de sel sur la peau. Un shampoing à la banane, quelle idée! Elle se souvient des chevaux, des vieilles écrasées de soleil et de la sieste qu'il fallait faire. Eternités sans paroles, l'ombre des eucalyptus, plus de glace, un sac bleu sur le siège arrière, des cafards énormes qui couraient dans les herbes hautes, pas des cafards des.. Et les bateaux lents et silencieux, qu'on devinait gros devant l'Afrique immobile, les bateaux lents et silencieux, elle répète.
Ici est triste et froid et les visages souriants ne lui rappellent rien. Elle oublié hier, aujourd'hui, le nom de la femme dans le miroir de la chambre.
Elle a tout oublié, alors pourquoi l'Andalousie?
14:30 Publié dans Brèves de conteur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Nouvelles et textes brefs, mémoire
24.09.2007
Gueule de moi
Tu joues dans la cour des grands.
Vas-y! tu penses, fonce! Tu t'appelles ma poule ou mon pote, tu regardes ta gueule, Bing! un coup dans le menton, pour rire, tu fais des yeux, de gros yeux comme ton père, tu grognes, t'es méchant, une bête, tu pourrais tenter deux ou trois mouvements genre guerrier, genre sauvage, t'as vu ça au rugby, les gros balaises, un gros balaise oui, ce serait pas mal tu penses, tu gonfles les joues, pousse pour faire saillir les veines sur ton cou, que ça batte aussi sur la tempe, un taureau c'est ce que tu veux, c'est ce que tu voudrais. Mais tes veines ne bougent pas, ton cou fin comme celui d'un cygne, vilain petit canard, merde! pourquoi tu penses à ça? Tes histoires de môme, t'étais bien parti, tu vas quand même pas chialer, là, deux minutes avant, tu seras rouge et cette gueule de chien battu que tu détestes et qu'ils détestent tous.
Allez va, garde le rouge pour le nez, souris et fais le clown, fais les marrer ils aiment, et tant pis s'ils se cassent en haussant les épaules, "t'es vraiment trop con", fais toi petit ils oublieront, ils oublient vite. Tu souris comme t'as vu faire les méchants, avec un coin de la bouche plus haut que l'autre, tu te demandes si tu fais peur, tu veux vraiment que je te dise? Lâche l'histoire du taureau, du rugby, la cour d'école c'est pas la mort ou pas vraiment, et si jamais tu gagnes encore à celui qu'on tabasse, pense à virer tes lunettes et pars en petites foulées comme t'as vu dans Rocky.

10:36 Publié dans Brèves de conteur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, nouvelles et textes brefs, miroir
22.09.2007
Les vieux
Ils sont deux mains serrées l'une dans l'autre.
Marchent en silence.
Ils ne voient pas les rides sur leur front,
s'assoient pour attendre la nuit.
12:15 Publié dans Brèves de conteur | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Nouvelles et textes brefs, poésie, les vieux
21.09.2007
Les clichés, leur vie, leur oeuvre

Dans un bar, deux bourgeoises, quelques piliers et pas mal de connerie.
- Bourgeoise 1 : Anne-Béatrice ne peut pas avoir d'enfants. Charles et moi pensons qu'elle est stérile.
- Poivrot 1 : C'est comme moi, le jour où ils ont détruit le mur de Berlin, j'ai commencé ma clôture. Ben j'lai toujours pas fini!
- Bourgeoise 2 : Vraiment? Quelle horreur! Pauvre petite...
- Bourgeoise 1 : Comprenez-moi bien : je dis stérile, c'est dé-fi-ni-ti-ve-ment stérile. Charles et moi l'avons fait consulter chez le Docteur Pontois.
- Poivrot 2 : Moi je vote Le Pen.
- Bourgeoise 2 : Vous avez très bien fait, il est formidable!
- Poivrot 3 : Bah t'es con toi, Le Pen c'est un facho.
- Bourgeoise 2 : D'ailleurs comment va-t-il? J'ai entendu dire qu'il déménageait dans le 7ème?
- Poivrot 2 : Peut-être mais avec lui chuis sûr du résultat.
- Poivrot 3 : Bah avec les autres aussi.
- Poivrot 2 : Quels autres?
- Bourgeoise 1 : Absolument! Un immeuble superbe, et tellement mieux fréquenté.
- Poivrot 3 : Ben Sarko, Ségo, Besancenot...
- Poivrot 2 : Et ben?
- Poivrot 3 : Ben t'es sûr aussi!
- Bourgeoise 1 : Anne-Béatrice était ravie!
- Poivrot 2 : De quoi?
- Poivrot 3 : Ben ce que t'as dit, Le Pen tout ça.
- Bourgeoise 2 : Et pour son... son problème, qu'en a dit le Docteur Pontois?
- Poivrot 2 : Je sais plus. T'as une carte d'électeur toi?
- Poivrot 3 : Ouais et toi?
- Poivrot 2 : Ouais. Faut voter j'dis.
- Poivrot 3 : Ouais mais pour qui?
- Bourgeoise 1 : L'adoption ma chérie. Charles et moi étions tout à fait bouleversés.
- Poivrot 2 : Le Pen il dit que les noirs ils devraient pas voter.
- Bourgeoise 2 : Mon Dieu! Et Anne-Béatrice?
- Poivrot 3 : Il a raison dans un sens. Faut pas laisser voter les types qui pigent que dalle à la politique.
- Bourgeoise 1 : Vous savez comme sont les jeunes... elle s'est mise en tête d'adopter un...
- Poivrot 1 : La cigarette, ça fait chier tout le monde qu'est autour, d'accord? Que l'alcool, si tu parles à personne...
- Bourgeoise 2 : Un...?
- Poivrot 1 : ...et que tu ramasses tes canettes...
- Bourgeoise 1 (baissant la voix) : Un noir.
- Poivrot 1 : ... j'vois pas l'problème.
- Bourgeoise 2 : Un quoi?
- Bourgeoise 1 : Un noireuuu!!!
- Barman : Et un expresso pour Madame!! Et pour l'autre dame ce sera?
- Bourgeoise 1 : Non non pas d'expresso pour moi.
- Barman : Excusez j'avions cru. Elle veut?
- Bourgeoise 1 : Une menthe à l'eau, s'il vous plait.
- Barman : Et pour votre collègue?
- Bourgeoise 2 : De même.
- Barman : Et deux même choses pour les p'tites dames!
Image : Durdecifer
10:30 Publié dans Des décors de Roger Harth... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Nouvelles et textes brefs, théâtre, brèves de comptoir
20.09.2007
Redécouvrons la sagesse populaire ...

... dans ce monde bourré de porte-avions nucléaires
Qui tire la chasse, cède sa place : Désigne la résignation de celui qui sait son heure arrivée et part en laissant la scène dans l’état où il l’avait trouvée.
La fin justifie la moyenne : Se dit d’une copie hors sujet jusqu’à la dernière ligne mais où l’élève avoue son amour au professeur, en bas de la copie double perforée grands carreaux.
10:19 Publié dans Brillons en société en attendant la révolution | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, humour, proverbes à la con
19.09.2007
Cuisine et dépendance
On lui a dit de rentrer, qu'il n'y avait plus rien à faire qu'attendre. Attendre quoi, il pense. Là-bas il y avait du monde et ça s'agitait. C'est ça l'attente, il pense.
Il va dans la cuisine et s'assoit.
La pendule là-haut,
tic, comme d'habitude.
tac, comme d'habitude.
Comme si le monde là-bas, ne changeait pas.
Tic tac, mais quelle heure est-il?
Il regarde, il fixe. Ca ne vient pas.
Quelle heure est-il?
Un café bien sûr, il n'y avait pas pensé et ça fait combien de temps maintenant ? Et quelle heure est-il?
Du temps passe comme ça, entre le frigo et la table. Odeur de matin blême et de café jamais bu, refroidi. Il faudra le jeter. Le café réchauffé il n'a jamais aimé.
Là bas aussi, il se souvient, tout à l'heure à dix, à quinze autour de la machine, le bruit du gobelet, le ronronnement bref, et puis touiller sans fin, le nez sur les chaussures et les mots suspendus entre eux : il faut attendre.
Il y a du silence coincé dans la cuisine. Ils sont seuls accoudés sur la table, lui et son silence. Elle va mourir, il pense, c'est fini. Qu'est ce qu'il fera après? Qu'est ce qu'ils feront tous?
Se lève et refait du café. Quelle heure est-il? Cherche un autre filtre. Jette en passant un oeil à la vaisselle sale. S'il était courageux il ferait la vaisselle. Il cesserait d'attendre et ferait la vaisselle, alors peut-être le téléphone sonnerait. L'heure de l'annonce enfin. Il laisserait passer du temps encore, continuerait de laver, peut-être qu'il n'entendrait pas ou bien la peur, qui sait ce qui lui passerait par la tête. Il laisserait passer du temps et l'autre au bout du fil finirait par raccrocher. Alors ils seraient de nouveau seuls, le silence et lui. Seuls et tranquilles. Il saurait qu'elle est morte l'usine, qu'elle va fermer et que tout est fini.
10:10 Publié dans Brèves de conteur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Nouvelles et textes brefs, usine
18.09.2007
Chronique des flots bleus : changement de décor

Déjà en arrivant au somet de la côte, on a vu que quelque chose clochait. Ca dure pas le haut de la côte, juste trente secondes, mais on l'a vue : blanche avec un auvent orange et vert, bien calée entre les Martinez et les Leport : une caravane sur notre emplacement.
Y a eu comme un silence sous RTL et j'ai senti que ma mère serrait discrètement les fesses. Mon père s'est raclé la gorge, sans plus, on avait peut-être rêvé après tout? Mais à voir la tête de la fille de l'accueil quand mon père a annoncé "Bartoli, emplacement 23B", on n'avait pas rêvé. Elle a eu l'air de devenir toute petite derrière son comptoir, toute petite et toute blanche. "Bordel de " a commencé mon père mais la fille s'est sauvée. Elle est revenue au bout de deux minutes avec Jean-Pierre le patron du camping. Mon père venait de finir un premier couplet scandal-le prix qu'on paye-dix ans qu'on vient-traiter le client-bétail y a pas d'autre mot-trahison et il entamait le chapitre vacances foutues-on se crève le cul toutes l'année-de quoi se tirer une balle. Pendant ce temps, ma mère s'était effondrée en pleurant "c'est pas possible, c'est pas possible" sur l'un des fauteuils en osier de l'accueil, sous l'affichage des activités. Jean-Pierre a débarqué les bras en croix,
"Patrick, ha Patrick, c'est affreux, Rebecca vient de me dire"
La Rebecca en question venait de se planquer derrière la photocopieuse. Jean-Pierre a continué,
"c'est abominable, je suis sous le choc, tu penses", un peu comme si mamie Bartoli venait de mourir, même si franchement la situation aurait été beaucoup moins dramatique, enfin c'est mon avis. En tout cas ça a un peu calmé mon père, faut dire que Jean-Pierre lui en laissait pas placer une. Et puis ils se sont éloignés vers la machine à café,
"C'est ma tournée Patrick, un petit café?"
Faut bien savoir que mon père a horreur du café. Le matin il boit de la chicorée ce qui est encore plus dégueulasse. Mais s'il y a un principe chez les Bartoli, c'est de ne jamais refuser un truc gratuit. Alors il a fait oui de la tête, sans quitter des yeux la photocopieuse avec la fille derrière. Jean-Pierre a baissé d'un ton mais j'ai bien compris qu'il allait tout mettre sur le dos de Rebecca.
"Tu comprends, c'est la fille d'un ami. Le problème c'est qu'elle est pas...futfut tu vois? Elle a aussi foutu en l'air la résa des Genevoix."
" Ha bon?"
J'ai vu mon père se détendre un peu. Pourvu de ne pas être le seul couillon de l'histoire, il était prêt à faire un effort. Finalement Jean-Pierre a balancé sa carte maîtresse,
"Bien sûr, je te fais un petit 10%"
Camping 1 - Bartoli 0.
Ma mère s'est levée, toujours dans les vap' et on est tous sortis pour aller voir notre nouvel emplacement. Derrière la photocopieuse, Rebecca reprenait des couleurs. On est remontés en voiture et on a suivi Jean-Pierre sur son vélo. En passant devant le 23B ma mère a fait un petit signe à Madame Martinez qui débarassait la table et puis forcément elle a sorti son mouchoir pour s'essuyer les yeux. Raclement de gorge paternel numéro 2.
J'avais onze ans et ma famille ne semblait pas avoir connu de drame pire que celui-là. Je me doutais déjà qu'il y aurait un avant et un après 23B. On n'abandonne pas comme ça un emplacement reservé d'une année sur l'autre depuis dix ans. Un emplacement idéalement situé, géostratégique répétait mon père : assez loin de la départementale, proche des douches mais pas trop. Un environnement connu, sécurisant, amical, avec juste ce qu'il fallait d'arbre pour suspendre les serviettes. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que l'après 23B serait l'ère du 56E, le seul emplacement disponible la première semaine d'août, juste en face des sanitaires. Le 56E, au milieu des allemands et des hollandais. Jean-Pierre nous a gratifié d'un "bon installation!" à peine forcé et a filé sur son vélo. On l'a regardé partir. Mon père a coupé le contact,
"Je crois que je vais dégueuler son putain de café"
Ma mère a commencé à sangloter et j'ai sorti ma Game Boy. Il s'était mis à pleuvoir mais je savais déjà que les vacances allaient être pourries.
11:10 Publié dans Histoires de Je | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Nouvelles et textes brefs, vacances, camping
17.09.2007
Grève des personnels écrivant
Aujourd'hui l'auteur refuse de rentrer de vacances.
Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.
11:50 Publié dans Vida Loca | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, vacances, grève








