07.08.2007

Symptôme - Scène manquante... ou pas



Symptôme, pièce bordélique en plusieurs actes : quelqu'un, quelque part semble avoir retrouvé la suite de la scène 3. A moins que ça ne se passe avant, allez savoir....

La patiente est assise par terre, face public au pied du divan. Le psychanalyste est également assis par terre, de profil, le dos appuyé contre l’un des accoudoirs. Il regarde droit devant lui, les genoux repliés sous son menton.

La patiente : J’attends toujours

Le psychanalyste : C’est hors de question.

La patiente : Soyez raisonnable...

Le psychanalyste : N’insistez pas j’ai dit non!

La patiente : Vous savez que je pourrais vous en vouloir ?

Le psychanalyste : Pourquoi ?

La patiente : Pour ça ! Je pourrais partir…

Le psychanalyste : Allez-y foutez le camp. Je ne vous retiens pas.

La patiente : Très bien !

Le psychanalyste : Je sais que vous êtes encore là. Vous ne partirez pas.

La patiente : Très bien ! (elle quitte la scène)

Le psychanalyste : Vous êtes encore là ? (Un temps - Il se lève) Katherine !

Elle revient sur scène – Il repart aussitôt se cacher

La patiente : Vous êtes ridicule vraiment !

Le psychanalyste : Je sais.

La patiente : Alors maintenant montrez-vous!

Le psychanalyste : Non.

La patiente : Je vous ai dit de vous montrer ! Vous êtes usant à la fin. Je vous répète que cette histoire m’est complètement égal !

Le psychanalyste : Justement ! Je ne vois pas l’intérêt de vous ennuyer davantage avec quelque chose qui vous est complètement égal !

La patiente : Ce n’est pas ce que je voulais dire.

Le psychanalyste :Et qu’est ce que vous vouliez dire exactement ?

La patiente : Et bien que… ça m’est égal dans le sens, ce n’est pas si grave, je ne vous en veux pas.

Le psychanalyste : Vous mentez, j’en suis sûr !

La patiente : Je ne mens jamais ! Croix de bois, croix de fer !

Le psychanalyste : Mon dieu ! Vous avez des expressions… !

La patiente : Quoi j’ai des expressions ?

Le psychanalyste : Des expressions de bonne femme !

La patiente : Et alors ?

Le psychanalyste : Et alors rien c’était pour parler.

La patiente : Vous voulez parler ? Et bien parlons ! Parlons-en ! Racontez-moi encore ! Peut-être que là ça me fera quelque chose ?

Le psychanalyste : Rien ! Ca ne vous fera rien du tout parce que je ne vous dirais rien du tout !

La patiente : Ce que vous pouvez être borné tout de même.

Le psychanalyste : .....

La patiente : S’il vous plait. Redites le moi. Je crois que je n’avais pas très bien entendu. Surtout le début. C’est important vous savez le début. Si on n’accroche pas dès le début, pschitttt !

Le psychanalyste : Pschitt ?

La patiente : Ben on décroche.

Le psychanalyste : Et vous vous avez décroché dès le début ! Pschittt ! Comme ça ! Une minute et pschitt ! Ca prouve bien que ça ne vous intéressait pas du tout !

La patiente : Mais non voyons !

Le psychanalyste : Ca ne vous intéressait pas du tout je vous dis ! Au début, à la fin, RIEN ! Vous avez un cœur de pierre !

La patiente : Ce n’est pas vrai ! C’est de votre faute aussi !

Le psychanalyste : Ma faute !? C’est trop fort ! Ma faute !

La patiente : Oui votre faute ! Vous n’articuliez qu’un mot sur deux ! J’ai crû que vous récitiez une poésie…un peu comme des vers libres, la poésie moderne vous voyez?

Le psychanalyste : Et pourquoi, dites-moi, pourquoi je vous aurais récité une poésie ?

La patiente : Ben pour me dire la même chose…. Mais en poésie.

Le psychanalyste : Vous avez vraiment crû ça ?

La patiente : Oui.

Le psychanalyste : Ca veut dire que vous auriez préféré une poésie ?

La patiente : Non ! Ca veut dire AR-TI-CU-LEZ !!!!

Le psychanalyste : C’est bon ! Je ne suis pas sourd ! Inutile de hurler comme ça.

La patiente : Je n’ai pas hurlé. Dites.

Le psychanalyste : Mais là vous m’écouterez ?

La patiente : Oui.

Le psychanalyste : Vous m’écoutez ?

La patiente : Oui. Je n’écoute que vous.

Le psychanalyste : Vous n’allez pas décrocher comme tout à l’heure ?

La patiente : Non. Regardez, je me couche. J’ai posé ma tête. J’ai fermé les yeux. Je suis là. Je ne bougerai pas. Je ne partirai plus. Allez-y maintenant : dites-le encore une fois. (elle ferme les yeux)

Le psychanalyste : Katherine, je vous aime.

Noir.

Commentaires

Ha tiens ! c'est drôle : je croyais que c'était la suite du message précédent. Les mêmes enfants un peu plus grands.

Sinon, la théâtreuse que je suis trouve qu'il y a trop d'indications scéniques. Mais je ne suis qu'une théâtreuse... en thérapie en plus !

Ecrit par : anange | 07.08.2007

Les anges ont souvent raison! Je gomme! En plus l'italique c'est dur à lire, on penche la tête et hop!*

*hop rien ne se passe....

Ecrit par : LinaLoca | 07.08.2007

On penche la tête et hop ! Beaucoup d'histoires débutent quand deux têtes se penchent en même temps.

Ecrit par : Seb | 07.08.2007

Voilà un joli jeux drôle, jeux de rôles... inversés ;-)

Ecrit par : Frenchmat | 07.08.2007

jolie chamaillage (sisi... ça fonctionne un chamaillage) psychanalytique :)

J'en reprendrai volontiers :)

Ecrit par : BlueG | 07.08.2007

Quel régal... à croire que vous avez fréquenté beaucoup de psy, de théâtre et que vous savez ce que ça donne quand on y met quelques grammes de sentiment amoureux... à croire...

Ecrit par : O'fly | 07.08.2007

Un psy qui FREUDonne des mots d'amour à sa patiente... C'est un joli transfert... à repasser ! ;-)

Ecrit par : Plum' | 08.08.2007

Il a pas l'air sincère...

Ecrit par : Didier Goux | 08.08.2007

Anange : "Une théâtreuse en thérapie" : y aurait pas comme une amorce d'ébauche de pléonasme, là ?

Ecrit par : Didier Goux | 08.08.2007

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