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25.07.2007

Symptôme - Scène 3



Symptôme : Pièce en plusieurs actes dont vous n'aurez ni le début, ni la fin. Et oui, ça arrive...

Le psychanalyste parle dans son dictaphone mais sans. Il est assis sur l’un des accoudoirs et regarde droit devant lui. La patiente, elle, s'est endormie sur le divan.

Le psychanalyste : La patiente souffre d’une psychose compulsive et pulsionnelle, expression d’une instance surmoïque, archaïque, prophylactique, sympathique, oh oui follement sympathique. La patiente souffre d’une…. Elle souffre d’un… La patiente souffre. Son cœur souffre. Son ego souffre. Son cœur aussi. Et sa bouche. Le pli au creux de sa bouche quand elle sourit. Elle a souri. Je crois. Vous la voyez ? Je crois qu’elle a souri. Je ne sais pas , ça se sent. Elle est si proche. Je la sens sourire.
Bon.
L’espace psychique de la patiente est follement anobjectal. J’ai dit follement ? Peut-être. Elle est folle probablement. Mais d’une jolie manière, vous ne trouvez pas ? Oui. La patiente souffre de folie et cette folie s’exprime d’une très jolie manière. Surtout quand ses cheveux ondulent. Les cheveux ondulent actuellement dans le dos de la patiente, qui souffre d’une fort jolie manière de folie anobjectale. Je sais qu’ils ondulent. Bien sûr que je le sais. Ils sont si près. Je pourrais les toucher. Je peux presque les respirer. Vous les voyez qui tourbillonnent sur le coussin ? Oui oui, j’ai bien dit : ils tourbillonnent. Dans le sens inverse des aiguilles d’une montre qui tourbillonne. Moi-même je m’accroche actuellement au bord de ce divan pour ne pas être emporté. S’il m’emportait j’atterrirais sur elle, juste contre elle, posé, comme sur un rocher. Vous seriez choqués ? Sur elle au beau milieu de l’océan, au beau milieu de ces cheveux odorants et doux, ces cheveux qui ne demandent qu’à s’envoler, ces cheveux de folle anobjectale joliement endormie. Je tomberais sur elle. Je deviendrais tout petit. La patiente se réveillerait alors. Elle aurait mal à la tête. Ce serait moi qui marcherais dans sa forêt. Sa forêt de cheveux. Je peux les sentir vous savez ? Si je ferme les yeux je peux les sentir. Il suffirait que je tende un peu la main. Juste un peu. Là, comme ça. Non ne la regardez pas, vous allez la réveiller. Regardez-moi. Regardez-moi qui tend ma main. Non, ne regardez pas ma main. Regardez-moi. Souriez. Faites comme si vous me connaissiez. Je vous ai dit quelque chose d’amusant alors vous riez. Vous riez, mais pas trop fort. Ne la réveillez pas. Regardez moi qui pose ma main sur elle.
Doucement.
Si elle se réveille ? (Il retire sa main rapidement) Oui bien sûr. Elle pourrait se réveiller. Elle se réveillerait en sursaut et elle aurait peur. La patiente aurait peur. Elle souffrirait d’un traumatisme anaclytique, et moi, moi, je la prendrais dans mes bras et je la consolerais. Elle sourirait et son pli, là, au coin des lèvres, ferait comme une porte qu’on tire, une porte qu’on ouvre. Il y aurait des dents derrière la porte et à l’étage, ses yeux riraient et je serais sauvé. Ses yeux riraient. Ses yeux de folle follement jolie. Ses yeux de folle follement jolie. Ses yeux de folle follement jolie.
(Tout en répétant la phrase, il la regarde et se penche doucement comme pour l’embrasser)
Ses yeux de folle follement jolie.

Elle ouvre les yeux.

Noir.

Commentaires

Ouf, les psys sont tout aussi barrés que leurs clients.
Patients.
Je sais, ma langue a fourché.
Clavier.
Je sais, mon clavier s'est mélangé.
Des bizettes, nnaniversaire aussi.

Ecrit par : Mélina LOUPIA | 25.07.2007

Je ne crois pas ce que je viens de lire !
Je ne crois pas que ce soit possible pour un être humain sain d'esprit d'écrire ça !!

Ecrit par : Frenchmat | 25.07.2007

Le diagnostic est évident : Linaloca souffre d'une forme de folie incurable qui s'appelle poésie.

Ecrit par : Seb | 25.07.2007

Pour ce qui est du diagnostic agnostic de La Loca LinaLoca je dirais, enfin je dirais que... oui je dirais qu'elle est tout sauf anobjectale et je dirais, enfin je dirais que... oui je dirais que son instance surmoïque se débrouille plutôt bien avec tous ces mots qui s'emmêlent et pour terminer je dirais, enfin je dirais que... oui je dirais qu'il est heureux qu'elle écrive...c'est ça la Locacité.

Ecrit par : O'fly | 25.07.2007

Euh... Pascal... ? C'est toi... ?

Ecrit par : Anonyme | 25.07.2007

J'ai beaucoup aimé cet instant passé dans l'intimité du secret médical

Ecrit par : Olivier | 25.07.2007

ça me donne envie de mettre ce texte en scène et en même temps très envie de le dessiner aussi...

Ecrit par : anange | 25.07.2007

Pour info, bande d'anaclytiques du Sur Moi (j'aime dire des gros mots... pardon, je refoule immédiatement) la nouvelle mode chez les psy c'est de ne plus bouder le terme de "clients" mais au contraire de le préférer désormais à celui de "patient" qui évoque selon certains (dont je tairai le nom de peur que vous vous jetiez sur leurs oeuvres complètes) la notion de "passivité" alors que la notion de "client" évoque celle du "désire qui pousse à consommer du mieux être psychique"... pfiou.. et ouais rien que ça... c'est fou ce que ça se tripote la nouille un psy... surtout quand ça parle avec un autre, alors quand ils sont tout un nid... Bon, j'y retourne, j'ai mon divan garé en double file.

Ecrit par : Phéedespsyonline | 25.07.2007

@Phée : ça ne fait pas de mal ma foi d'avoir l'avis d'une spécialiste! Caution scientifique vois-tu? Merci pour ces éclaircissements chère "consoeur"... enfin soeur quoi ;-)

Ecrit par : LinaLoca | 25.07.2007

hum... j'ai toujours pensé que vous aviez de beaux cheveux. Même sans tresse.

Ecrit par : Pascal | 25.07.2007

J'avoue que je suis... transportée, étonnée, séduite, interpelée, tout sourire, émue, joyeuse, touchée. C'est... trouve pas les mots ! Ah si ! Merci...

Ecrit par : Plum' | 25.07.2007

Voilà le plus étrange coiffeur que je n'ai jamais vu... Mais il s'y connaît en cheveux, y a pas à dire...

Ecrit par : arpenteur | 26.07.2007

J'ai comme une soudaine envie de me faire psychanalyser...

Ecrit par : Tania | 13.03.2008

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